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16d 10hFRMillon & Associés

John SIMPSON (1782-1847), attribué à. Portrait d’Arthur Wellesley

John SIMPSON (1782-1847), attribué à. Portrait d’Arthur Wellesley

Huile sur toile. Circa 1830. Dans un cadre en bois et stuc doré de style Louis XIV. H. 127 x L. 102 cm. Cadre H. 146,5 x L. 123 cm. Provenance - Collection Chester D. Tripp (1882-1974), ingénieur des mines et métallurgiste, présida la Consolidated Coppermines Corporation. Établi à Chicago, il fut un collectionneur et mécène généreux : ses dons ont enrichi l’Art Institute of Chicago, l’Oriental Institute, le musée d’Evansville et l’université Yale, où une chaire d’histoire porte son nom. - Collection Yale University Art Gallery, de 1975 jusqu’à sa vente en 2026, ancien numéro d’inventaire 1975.68. Historique Arthur Wellesley, premier duc de Wellington (1769-1852), compte parmi les principales figures militaires et politiques de la Grande-Bretagne du XIXe siècle. Après une brillante carrière dans l’armée britannique, d’abord en Inde puis dans la péninsule Ibérique où il s’illustre face aux armées napoléoniennes, il doit sa renommée à son opposition victorieuse à Napoléon, avant de s’imposer sur la scène politique. Premier ministre du Royaume-Uni à deux reprises, de 1828 à 1830 puis brièvement en 1834, il exerce également la charge de commandant en chef de l’armée britannique de 1842 jusqu’à sa mort. Abondamment portraituré par les peintres de son temps, le duc de Wellington n’en demeure pas moins rare sur le marché de l’art. Le plus souvent commandées par des aristocrates britanniques ou par des institutions, ses effigies sont aujourd’hui conservées pour l’essentiel dans de prestigieuses collections publiques et privées. Cette rareté, particulièrement sensible pour les œuvres de grand format, comme notre tableau, dont les dimensions supposent une commande prestigieuse, explique l’engouement des collectionneurs lorsqu’un portrait du duc est proposé à la vente. En témoigne notamment un tableau de Wellington par Thomas Lawrence, présenté chez Christie’s en juin 2026 et vendu £9.670.000, établissant ainsi le record de vente de l’artiste (ill. 1). Outre ses dimensions remarquables, l’iconographie de notre tableau plaide également en faveur d’une provenance prestigieuse et d’une commande destinée à célébrer le duc en héros national. Une iconographie célébrant Waterloo Le duc de Wellington mena une brillante carrière politique et militaire, dont le point culminant demeure la victoire de Waterloo. Livrée dans l’actuelle Belgique le 18 juin 1815, cette bataille décisive bouleverse durablement le destin de l’Europe en provoquant la chute définitive de Napoléon et la fin du Premier Empire. Pour célébrer celui que l’on considère désormais comme le sauveur du royaume, les artistes britanniques élaborent une iconographie héroïque, fondée sur des attributs directement associés à cette journée. Le premier d'entre eux est le célèbre manteau que le duc portait le 18 juin. Réputé pour la sobriété de sa tenue, Wellington est presque systématiquement représenté ainsi. Selon la tradition, ce manteau l'aurait protégé de la tempête qui s'abattit sur le champ de bataille dans la nuit du 17 au 18 juin. Le bicorne, reconnaissable à son panache de plumes de cygne rouges et blanches, constitue le deuxième élément récurrent. Il évoque vraisemblablement l’instant où Wellington, résolu à lancer l’assaut final sur la plaine de Waterloo, leva son chapeau pour donner à ses troupes le signal de l’avance générale. Le plus emblématique demeure enfin la longue-vue, que de nombreux récits de la bataille décrivent comme indissociable de son commandement. Le duc aurait lui-même contribué à forger cette iconographie : lorsque Thomas Lawrence entreprit son portrait en 1827, il envisageait, dit-on, de le représenter une montre à la main. Wellington lui aurait objecté qu’il était plus juste de le peindre tenant sa longue-vue, puisqu’il n’avait pas passé la bataille à attendre, mais à observer l’ennemi et à en diriger les mouvements. Ces attributs apparaissent, isolément ou combinés, dans de très nombreux portraits du vainqueur de Waterloo. Leur réunion dans l’œuvre présentée ici ne laisse aucun doute sur la volonté du peintre d’inscrire son modèle dans l’iconographie héroïque façonnée au lendemain de la campagne de 1815. La même formule se retrouve dans plusieurs compositions de Thomas Lawrence, où le manteau, le chapeau et la longue-vue concourent à la même exaltation du héros national. Un portrait attribué à John Simpson, élève de Lawrence Notre œuvre doit être rapprochée d’un tableau à la composition similaire, conservé au musée de Baroda et répertorié comme un portrait par Thomas Lawrence (ill. 2). Cette œuvre faisait partie des collections du Maharaja Sayajirao Gaekwad III de Baroda (1863-1939). Soucieux de constituer un musée susceptible de rivaliser avec les grandes institutions muséales britanniques, celui-ci chargea le critique d’art anglais Marion Harry Spielmann (1858-1948) de réunir une collection de chefs-d’œuvre représentant les grands noms de la peinture européenne. L’étude du corpus des portraits du duc de Wellington met en évidence un rapprochement entre notre œuvre et les compositions de Thomas Lawrence, dont elle s’inspire (ill. 3). Elle s’inscrit plus précisément dans la production de portraits de Wellington réalisée par John Simpson. Ce dernier fut élève dans l’atelier de Lawrence avant de devenir son assistant et acheva même certains de ses tableaux après la mort de son maître (ill. 4). Fort de cet enseignement et de cette expérience, Simpson reçut plusieurs commandes prestigieuses de portraits du duc de Wellington. Il réalisa ainsi plusieurs effigies du vainqueur de Waterloo à l’âge mûr, dont l’iconographie est comparable à notre tableau (ill. 5 et 6). Œuvres en rapport - Sir Thomas Lawrence, Portrait d’Arthur Wellesley, duc de Wellington (1769-1852), vente Christie’s Londres, 30 juin 2026, lot 10, (adjugé £9.670.000) (ill. 1). - Sir Thomas Lawrence, Le duc de Wellington, Vadodara, Baroda Museum & Picture Gallery (ill. 2). - Sir Thomas Lawrence, Le duc de Wellington, tenant une longue-vue, San Marino, The Huntington Collection, inv. 10.158 (ill. 3). - Sir Thomas Lawrence et John Simpson, Le duc de Wellington, collection privée (ill. 4). - John Simpson, Le duc de Wellington, Londres, Royal Hospital Chelsea inv.9 (ill. 5). - John Simpson, Sa grâce, le duc de Wellington, Waterloo, Musée Wellington, inv.18/024/a (ill. 6). Littérature - Davies Huw J., Wellington’s Wars: The Making of a Military Genius, New Haven / Londres, Yale University Press, 2012. - Seldon Joanna, Waterloo to Wellington: from Iron Duke to Enlightened College, Londres, Scala, 2015. - Spielmann Marion H. et Dibdin Edward Rimbault, The Art Gallery of H.H. Maharaja Gaekwar of Baroda, G.C.S.I., Londres, 1920. - Wellesley Charles, marquis de Douro, Wellington Portrayed, Londres, Unicorn Press, 2014.

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